La Dialectique des Armes

Introduction

Le présent scénario est fort spécifique à ma Saga et pourrait donc être difficile à adapter. Je pense néanmoins qu’il pourrait présenter un intérêt pour d’autres Conteurs et c’est la raison pour laquelle je le publie ici.

En deux mots, ce scénario a pour centre un débat théologique de trois jours à Pamiers entre catholiques et cathares, débat dans lequel l’Alliance des personnages va être impliquée. En réalité, Jérôme de Bonisagus, l’ennemi juré de l’un des personnages – Dubinaro de Bonisagus –, va tenter de manipuler le débat pour provoquer une condamnation de l’hérésie dans la région et, si possible, éliminer les personnages. Ce que ceux-ci ignorent au début du scénario, c’est que Jérôme est en réalité un sataniste qui s’est emparé d’un ouvrage magique puissant, la summa Wittockiana, en prenant le contrôle d’un ancien amour de Dubinaro, une certaine Claudia qui a depuis lors disparu dans la nature (voy. l’historique de Dubinaro). Jérôme entend utiliser Claudia pour attirer Dubinaro et ses sodales dans le piège qu’il a tendu.

Le scénario devrait pouvoir être adapté en remplaçant Jérôme par un autre sataniste qui aurait pris les personnages en grippe. Le personnage de Claudia n’est pas non plus indispensable à l’intrigue, même s’il ajoute une petite touche romantico-dramatique. Quant au lieu et au temps, le scénario devrait idéalement se dérouler dans le Languedoc avant 1207, par souci de « vérité » historique. En particulier, les débats théologiques dans le genre de celui décrit dans ce scénario sont assez fréquents dans cette région au cours de la période 1203-12071. Mais après tout, puisque nous sommes en Europe Mythique, rien n’empêche de mettre en scène pareil débats en d’autres circonstances…

L’intrigue à vol d’oiseau2

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Source : une ville au Moyen Age, Manuscrit Français 364, folio 174.

Donc, au cœur du scénario, un débat de trois jours, à Pamiers, entre catholiques et cathares. A la demande de qui ? D’Alain, abbé de l’abbaye Saint-Antonin à Pamiers, un « brave » abbé, fort pieux mais pas très fut’ fut’. Pourquoi ? Dans le souci d’apaiser le tensions croissantes dans la région entre catholiques et cathares, dans une sorte de « dialogue œcuménique » avant la lettre. Soutenu en cela par le prieur, n°2 de l’abbaye, à savoir Frère Nicolas, prieur de l’abbaye de Pamiers, un zélateur convaincu des idées catholiques, qui pense sincèrement que l’hérésie cathare apparaîtra comme telle aux yeux de tous si elle est démontée publiquement. Bref, un idéaliste…

Cependant, comme on l’a dit, les choses ne sont pas aussi simples. Dans l’esprit de Jérôme, qui surveille l’Alliance des personnages et ses environs depuis quelque temps, a germé un plan (forcément) machiavélique, inspiré par les préparatifs de ce débat : il s’agit de monter les uns contre les autres catholiques et cathares, pour exacerber les tensions, dans l’espoir que tout finisse dans un bain de sang, et qu’au surplus l’Alliance soit balayée comme un fétu de paille par les hordes de fanatiques. Tordu, mais potentiellement très efficace. A cette fin, Jérôme fait également en sorte qu’Enguerrand de Laurac – le sénéchal du comte Raimond-Roger de Foix, que les personnages ont déjà eu l’occasion de rencontrer – pense aux PJ pour assurer le maintien de l’ordre au cours du débat, car il craint – à juste titre – des débordements. (A cet effet, Jérôme s’est introduit dans les rêves de Marie, l’épouse d’Enguerrand, et lui a soufflé l’idée; celle-ci, qui du reste n’est pas mauvaise, est adoptée immédiatement par son époux). Comble du vice, Jérôme décide d’infiltrer les rangs des cathares, pour que l’un d’entre eux se livre à des actes franchement révoltants, histoire d’être sûr de s’attirer les foudres de l’Eglise. Or, à qui faire appel pour cela ? A Claudia, bien sûr, encore sous l’emprise d’un charme, et méconnaissable. L’idéal serait que Dubinaro la tue de ses propres mains…

Concrètement, le jury se composera de plusieurs personnes, l’abbé Alain, le comte Raimond-Roger de Foix, et Thibault Tanneur, premier consul de la ville de Pamiers. Côté des orateurs catholiques, on aura Foulques en personne, à savoir l’évêque de Toulouse, frère Nicolas, et Bruno, un jeune moine de l’abbaye de Pamiers tout juste sorti du noviciat. Côté bons chrétiens3, on aura Guilhabert de Castres (le premier co-adjuteur ou fils majeur de l’évêque cathare), Henri, un parfait venu de Toulouse, et Esclarmonde de Milroques4, qui en réalité aura été remplacée par Claudia.

L’idée est qu’Enguerrand fasse appel aux PJ pour (i) escorter Esclarmonde de sa retraite jusque Pamiers et (ii) calmer le jeu si nécessaire pendant le débat. Pourquoi ces précautions ? Tout simplement en raison de la tension croissante entre les deux camps (Jérôme a manigancé quelques mouvements de foule ces derniers temps).

Les PJ se feront attaquer sur le chemin du retour, et ce (i) pour les affaiblir (ce serait trop beau de pouvoir se débarrasser de Dubinaro de la sorte) et (ii) pour éveiller leur méfiance et leur haine envers les catholiques.

Développement intéressant : ce pourrait être frère Nicolas qui découvre la supercherie, mais les PJ le croiront-ils ?

Un difficile interrogatoire

Contexte

Le prologue qui suit constitue la suite des événements du prologue au scénario Des promesses, toujours des promesses. Les personnages, qui s’étaient rendus dans l’Alliance de Mare Immobile à laquelle appartient Jérôme, ont été accusés par cette Alliance d’y avoir dérobé des documents. Ces accusations ont donné lieu à un échange de lettres entre les parties et débouchent maintenant sur une enquête de la part du Quaesitor Dikaïos. Ces événements, qui visent à préparer la découverte des allégeances satanistes de Jérôme, sont probablement difficiles à adapter à une autre Sage tant ils sont liés à l’historique des personnages. Ils ne sont toutefois nullement indispensables au bon déroulement de l’histoire. Je ne les reproduits qu’à titre informatif.

Ce qui se passe en coulisse

Résumé des épisodes précédents : Jérôme avait saisi le passage de Dubinaro à Mare Immobile (scénario Promises, promises) pour accuser celui-ci d’avoir dérobé une partie des textes de laboratoire d’Ereditus, dont il s’était en réalité lui-même emparé. Ce que Jérôme n’avait pas prévu, c’est que Dubinaro lui tiendrait tête au point de contre-attaquer en proposant l’arbitrage d’un Quaesitor et de se soumettre à un sort de détection des mensonges (cfr le courrier de réponse à la mise en demeure). Jérôme est coincé : il ne peut pas, décemment, faire marche arrière, ce que Sorellus, l’un des Mages influents de Mare Immobile sur lequel Jérôme s’est appuyé, ne comprendrait pas. Il y a néanmoins encore une manière de tirer parti de la situation : tenter de profiter de l’occasion pour monter le Quaesitor Dikaïos contre les PJ, car après tout, Dikaïos avait bien insisté sur le fait qu’il devrait s’agir d’une affaire privée qui ne devrait pas être portée devant un Tribunal; si la mise en demeure de Mare Immobile était encore borderline, à tout le moins, elle ne s’étendait pas sur les motifs pour lesquels de Dubinaro se trouvait sur les lieux – à la différence de la réponse de celui-ci qui, c’est le moins que l’on puisse dire, met les pieds dans le plat.

Mare Immobile adresse donc la lettre suivante à Dikaïos :

Mare Immobile, treizième jour du Sagittaire, mil trois cent quarante-troisième année de l’Ere du Bélier
Au Quaesitor Dikaïos de Guernicus, Alliance de Doïsseteppe

Honorable Quaesitor,

C’est à contrecœur que nous estimons nécessaire de vous déranger dans vos travaux pour vous faire part des suites regrettables de l’accord que nous avons passé.

Il se trouve en effet que l’instrument de la réalisation de cet accord, à savoir les Mages de l’Alliance de Villa Manlia, et plus particulièrement notre sodalis Dubinaro de Bonisagus, ont, selon toute vraisemblance, tiré profit de celui-ci pour se rendre coupables d’une violation du Serment hermétique sur laquelle on ne pourrait garder les yeux fermés.

Pareil incident, pour désagréable qu’il fût, n’était toutefois pas, par lui-même, de nature à remettre en cause les termes de notre accord, et, à défaut de solution amiable, il eût été logique de porter cette affaire devant le prochain Tribunal, en extrayant naturellement celle-ci d’un contexte qui lui est totalement étranger. C’est dès lors à titre tout à fait surabondant, et afin d’éviter qu’une information partialement dispensée ne vous donne une vision erronée de la situation, que nous joignons à la présente une copie des missives que nous adressions aux auteurs des susdits agissements le premier jour du Scorpion de la mil trois cent quarantième année de l’Ere du Bélier ainsi que ce jour.

Quelle ne fut toutefois pas notre surprise de découvrir, à la lecture de la réponse faite à la première de ces lettres par notre sodalis, que celui-ci, non content de nier l’évidence, n’hésite pas à déclarer avoir « agi à la demande expresse du Quaesitor Dikaïos et exécuté notre mission en son nom », voire même, à vouloir mêler un autre Quaesitor à cette affaire qui devait, de l’accord de tous, demeurer privée !

Nous tenions à vous informer que nous regrettons ces développements et attirons votre attention sur le fait que tout méconnaissance des accords que nous avons passés serait exclusivement imputable à cette Alliance de Printemps.

Demeurant naturellement à votre disposition pour tout éclaircissement complémentaire que vous pourriez souhaiter, nous vous prions de croire, Honorable Quaesitor, à l’assurance de notre profond respect.

Pour le Conseil des Mages de Mare Immobile,
Jérôme de Bonisagus et Sorellus de Verditius

Mare Immobile veille bien sûr à en informer l’Alliance des personnages, par une lettre qui ne leur parviendra cependant que plus tard :

Mare Immobile, treizième jour du Sagittaire, mil trois cent quarante-troisième année de l’Ere du Bélier
A Dubinaro de Bonisagus, Alliance de Villa Manlia

Cher Sodalis,

Nous accusons réception de votre réponse à notre missive du premier jour du Scorpion de la mil trois cent quarantième année de l’Ere du Bélier.

Nous émettons bien évidemment les réserves les plus expresses sur les insinuations portées à notre encontre.

Votre attitude, et en particulier l’arrogance avec laquelle vous vous croyez autorisé à clamer un quelconque dédommagement – mais il est vrai que certains livres de notre bibliothèque ont toujours exercés sur vous une fascination malsaine –, démontre que tout espoir d’un règlement amiable était condamné depuis l’origine.

Ce différend devra donc être tranché par le prochain Tribunal. A cet égard, et au vu des allusions à peine voilées figurant dans votre lettre à propos de la « mission » que vous auriez exercée au nom de l’Honorable Quaesitor Dikaïos, nous croyons bien faire en vous rappelant l’existence des accords que vous avez passés.

Pour votre complète information, nous joignons à la présente une copie du courrier que nous adressons à l’Honorable Quaesitor Dikaïos que vous avez cru bon d’impliquer dans cette affaire, laquelle ne concerne pourtant que nos deux Alliances respectives.

Nous vous prions de croire, cher Sodalis, à l’assurance de nos sentiments dévoués.

Pour le Conseil des Mages de Mare Immobile,
Jérôme de Bonisagus et Sorellus de Verditius

Le résultat escompté est atteint… et même dépassé : Dikaïos est furieux. Tellement furieux qu’il débarque en trombe à Mare Immobile pour tirer les choses au clair. Il soumet à la question Jérôme… dont les pouvoirs suffisent à peine – mais suffisent néanmoins – à le tromper.

L’arrivée du courrier, et d’un visiteur inattendu

Voici qu’Aestrius la Toque Rouge apporte le courrier à l’Alliance des personnages, à savoir les deux missives du Conseil des Mages de Mare Immobile, ainsi qu’une troisième missive d’Athanor, le pater de Dubinaro (voir infra). Mais alors qu’Aestrius est dans la Salle du Conseil, arrive au galop Dikaïos, désormais plus ou moins convaincu de la bonne foi de Mare Immobile, et furieux (i) d’avoir fait appel à des Mages malhonnêtes pour exécuter sa mission et (ii) que ces mêmes Mages rompent ensuite la confidentialité des accords passés, en menaçant de tout dévoiler sur la place en présence d’un autre Quaesitor (Dikaïos risquerait bien de perdre la face !). Tellement furieux qu’il arrive au grand galop sur son noir destrier, Martin en croupe, ordonne qu’on lui ouvre de loin et sans attendre, brandit son bâton de sorcier d’où une vive lumière mauve jaillit qui ouvre la porte de l’Alliance à la volée. Dikaïos descend de son cheval et ordonne que les Mages le retrouvent dans la Salle du Conseil, où ils se trouvent en fait déjà.

Là, la Toque Rouge partie, Dikaïos, produit de sa manche un petit cube noire qui, sur ses formules magiques, se met à enfler jusqu’à pouvoir accueillir les mains de plusieurs Mages, et se couvre de symboles dorés en caractère arabes signifiant gom jabar, la boîte à vérité5. Il ordonne ensuite aux personnages de mettre leur main dans une boîte sombre. Les pensées des personnages sont amplifiées dans la tête des personnages, et s’ils s’avisent de mentir ou d’hésiter à répondre, une décharge d’énergique magique pure, points de Crépuscule à la clef, devrait les convaincre de faire preuve de plus d’esprit de coopération. Dikaïos sort également un livre qui se met à voler et une plume qui recopie fidèlement les déclarations des Mages.

L’interrogatoire peut commencer. Les questions posées par Dikaïos (à adapter à votre Saga) :

  • A Esperanza :
    • Etes-vous au courant de la nature des événements qui se sont produits dans le passé de Dubinaro dont Mare Immobile faisait état dans son courrier ?
    • Dubinaro est-il sensible aux charmes des créatures du sexe faible ?
    • Pensez-vous que Dubinaro ait pu se laisser séduire par la dénommée Claudia ?
    • Depuis ces événements, Dubinaro est-il encore entré en contact avec cette Claudia ?
    • Pensez-vous qu’il sache où elle se trouve actuellement ?
    • Avez-vous déjà utilisé la magie Mentem sur vos sodales ? De quelle manière ?
    • Vous ou vos sodales ont-ils emporté des documents du sanctum d’Ereditus ? Lesquels exactement ?
  • A Scintillus :
    • Avez-vous déjà rencontré des créatures démoniaques ?
    • Vous ont-elles adressé la parole ?
    • Leur avez-vous répondu ?
    • Vous ont-elles proposé un marché ?
    • Etiez-vous présent à Mare Immobile lorsque Dubinaro se trouvait dans le sanctum d’Ereditus ?
    • Vous seriez-vous aperçu s’il avait subtilisé les textes de laboratoire ayant disparu ?
    • Le croyez-vous capable de subtiliser ces textes ?
    • Savez-vous où ils se trouvent actuellement ?
  • A Sigfein :
    • Est-il vrai que les mages de cette Alliance éprouvent une fascination particulière pour les livres ?
    • Comment qualifieriez-vous votre bibliothèque ? Diriez-vous qu’elle est suffisante ?
    • Vous-même ou vos sodales possédez-vous un livre traitant des relations avec les démons ?
    • Comment vous l’êtes-vous procuré ?
    • L’avez-vous déjà lu ?
    • Aviez-vous l’intention de lire ce livre un jour ?
    • Avez-vous déjà fait usage des informations contenues dans ce livre ?
    • Pour quelle raison avez-vous quitté votre précédent Tribunal ?
    • Savez-vous qui s’est emparé des textes de laboratoire qui ont disparu du sanctum d’Ereditus ?
  • A Dubinaro :
    • Connaissiez-vous Septimus de Criamon ?
    • Savez-vous où il se trouve actuellement ?
    • Depuis quand exactement connaissez-vous Celarius de Criamon ?
    • Pensez-vous qu’il soit ici pour corrompre votre âme ?
    • Que pensez-vous de Sorellus de Verditius ?
    • Que pensez-vous de votre frater Jérôme de Bonisagus ?
    • Pensez-vous qu’il croie sincèrement à votre culpabilité ?
    • Avez-vous lu la summa Wittockiana ?
    • Savez-vous où elle se trouve actuellement ?
    • Qui a, selon vous, subtilisé les textes de laboratoire manquant dans le sanctum d’Ereditus ?

Vu l’innocence des Mages de l’Alliance, Dikaïos feuillète les dépositions et réfléchit à voix basse : « Etrange… Il s’agit peut-être d’une tierce personne… A moins que… » A moins que, bien sûr, il n’y ait un sataniste dans le lot !

Bons baisers de Claudia

La lettre d’Athanor à Dubinaro est rédigée comme suit :

Mare Immobile, treizième jour du Sagittaire, mil trois cent quarante-troisième année de l’Ere du Bélier
A Dubinaro de Bonisagus, Alliance de Villa Manlia

Mon cher Filius,

Cela fait un certain temps déjà que je ne t’ai plus écrit. Comme tu le sais, je ne suis guère un homme du siècle, m’étant toujours senti plus à l’aise pour rédiger un traité d’astronomie ou une somme sur les Arts plutôt que pour échanger des nouvelles du monde avec mes sodales.

Les relations tendues entre nos deux Alliances respectives ont du reste certainement contribué à espacer nos contacts, ce que je regrette. J’ai pour ma part la conviction qu’un peu de bonne volonté serait de nature à aplanir bien des difficultés. Mais il est vrai que je n’entends pas grand’chose à la politique.

Quoi qu’il en soit, si je prends la plume aujourd’hui, c’est en mon nom personnel et pour te demander de mettre de côté ces querelles en vue de la sauvegarde d’un intérêt supérieur. Tu sais qu’il y a de cela maintenant cinq ans, un ouvrage mortellement périlleux a disparu de mon sanctum. Je t’ai cru, à l’époque, quand tu m’as assuré que tu étais demeuré étranger aux projets de cette créature du Démon qui s’en est emparé en se jouant de toi, et même si tout ce que j’ai entendu et vu depuis lors ont malheureusement ébranlé cette certitude, je continue à penser que tu n’aurais jamais prêté ton concours à pareil stratagème si tu en avais connu toutes les implications. Le fait est que, bien que j’aie veillé à donner son signalement à toutes les Toques Rouges du Tribunal, cette Claudia a depuis lors disparu sans laisser la moindre trace d’elle-même ni de son éventuel commanditaire.

Néanmoins, dans le courant de l’été dernier, Aestrius de Mercere, que tu connais bien, pense avoir croisé la route de cette femme dans la ville de Pamiers, qui ne se situe qu’à une faible distance de ton Alliance. Si cette information devait se confirmer, je t’incite à faire preuve de la plus extrême prudence. Souviens-toi que le livre qui m’a été dérobé recèle une puissance que tu ne peux imaginer, et que celui ou celle qui s’en est emparé dispose probablement aujourd’hui de redoutables pouvoirs. Après avoir longuement hésité, j’ai pensé qu’il était de mon devoir de te mettre en garde, afin que tu ne retombes pas, une seconde fois, dans les filets de cette dangereuse sirène.

Si jamais tu parvenais à retrouver ce livre, je t’en conjure, ne l’ouvre pas et détruits-le sur-le-champ, comme j’aurais dû le faire il y a de cela bien longtemps.

Athanor de Bonisagus

Interrogé, Aestrius expliquera que présent dans une auberge, il avait senti un regard maléfique posé sur son dos; et que, se retournant, il a vu Claudia avant qu’elle ne se perde dans la foule, comme si elle avait voulu qu’on la reconnaisse.

Si les personnages ne se décident pas à enquêter spontanément à Pamiers, arrivée peu après à l’Alliance de Philippe, l’homme de confiance – et neveu – d’Enguerrand de Laurac. Il a beaucoup cherché avant de trouver l’Alliance. (Si les personnages se sont rendus à Pamiers, ils le rencontreront sur place, pendant que celui-ci interroge tout le monde autour de lui pour essayer de retrouver la trace de l’Alliance). Il remet aux PJ un parchemin du sénéchal certifiant qu’il fait toute confiance au porteur de ce message, à charge pour celui-ci d’expliquer. Quoi au juste ?

  • L’invitation de l’abbé Alain à débattre, qui remonte à il y a un certain temps déjà
  • L’acceptation du comte de Foix
  • Le choix des orateurs
  • Le souci d’Enguerrand de Laurac de faire appel aux PJ (il se souvient d’Esperanza qu’il a rencontrée à Bellaquin). Les routes ne sont pas sûres ces temps-ci, et il craint pour la sécurité d’Esclarmonde (un attentat des catholiques ? Jérôme a diffusé ces rumeurs).

Comment convaincre les personnages ? Plusieurs éléments :

  • La lettre qu’Athanor a envoyée à Dubinaro
  • Laisser entendre à Esperanza que le comte de Foix saura se montrer généreux
  • De toute façon, les PJ sont eux aussi des hérétiques, ils ont donc intérêt à calmer le jeu avec l’Eglise catholique. On craint que, sans ce débat, il y a une condamnation pure et simple, tout le but est de renouer le dialogue

Sur la route de Milroques

Les grandes étapes : Foix, Tarascon-sur-Ariège (on est déjà entre les montagnes), Château Verdun puis Milroques. La nuit, on dort dans des châteaux de nobles acquis au catharisme, ou chez des bons hommes.

La première nuit se passe à Foix dans le logement d’Enguerrand de Laurac, qui est absent. Philippe présente aux personnages Marie, l’épouse d’Enguerrand, et leur apprend que c’est grâce à elle, plus exactement à l’un de ses rêves, qu’Enguerrand a eu « l’intuition » de faire appel aux PJ.

Deuxième nuit, halte dans une maison de bons hommes à Tarascon-sur-Ariège, où Philippe fait trois génuflexions, et dit : « Bénissez-moi, Seigneur, et priez Dieu qu’il fasse de moi un bon chrétien et me conduise à une bonne fin. » Le parfait répond selon le salut traditionnel : « Que Dieu soit prié, qu’il fasse de vous un bon chrétien et vous conduise à une bonne fin »6.

Troisième nuit, une halte à la châtellenie de Château Verdun où Scintillus a passé son enfance (voy. son historique). Le cruel seigneur Girard, qui a ordonné la mort des parents de Scintillus, est devenu un vieillard sénile martyrisé par son propre fils Etienne ! Comment réagira Scintillus ? Plus précisément, les PJ arrivent tard le soir, en plein repas. Certains villageois montrent Scintillus du doigt. Etienne est interrompu en plein repas, il n’est pas content, mais fait preuve plus ou moins de politesse quand Philippe annonce qui il est. Girard, lui, se met à geindre en montrant Scintillus du doigt en l’accusant de sorcellerie, il évoque les flammes provoquées dans le château à l’époque ; Etienne était au loin à ce moment-là, dit à son père de se taire, et finit par le gifler s’il continue.

Les personnages se remettent en route en direction de Milroques. L’ascension dans les montagnes commence. Philippe connaît bien la région, il indique une grotte qui surplombe de très loin le chemin d’où s’échappe de la fumée pendant la journée : l’antre d’un dragon ! Mieux vaut donc faire un détour, même si cela conduit dans un défilé peu sûr, ce que Philippe n’aime pas.

Embuscade dans le défilé : volée de flèches tirées par des brigands, qui ont le regard fixe et portent tous une marque étrange sur le corps (un pentacle dont la pointe ressemble à un doigt griffu, déjà entr’aperçu par Dubinaro dans la summa Wittockiana). Les PJ peuvent s’échapper en rebroussant chemin et en passant devant l’antre du dragon heureusement endormi. Horrible odeur de charogne, présence de vautours… Ou alors éliminer la menace, qui battra alors en retraite.

Le village de Milroques

Petite communauté villageoise, qui se décompose en un village d’une vingtaine d’habitants, en contrebas sur l’autre versant, et quelques cabanes sur un plateau près du sommet, où l’on surveille les moutons et on fabrique du fromage7. C’est dans l’une des trois cabanes perchées près du sommet qu’Esclarmonde demeure.

Esclarmonde est une vieille femme ayant pour sòcia Aude8. Aude est inquiète parce qu’Esclarmonde est gravement malade depuis quelques jours. En réalité, c’est parce qu’il s’agit en fait de Claudia, dissimulée sous un sort d’illusion, et commandée par l’esprit de Jérôme. Dans la description d’Esclarmonde, dire que son visage est impassible comme un masque de cire.

Philippe salue Esclarmonde à la manière cathare, elle répond simplement : « Je te bénis, mon fils » avec un signe de croix. Philippe paraît troublé.

Interrogée, Aude peut expliquer qu’Esclarmonde a été prise d’une attaque de fièvre, sans doute la fatigue après avoir dû s’occuper de deux voyageurs, un pèlerin fort pieu et sa sœur muette (en réalité, Jérôme et Claudia). Elle avait prié toute la nuit pour que l’autre retrouve la voix, ce qui fut le cas (mais Jérôme s’en est allé en fait avec la vraie Esclarmonde et a laissé Claudia sur place).

Vite, vite, il faut manger maintenant pour éteindre toutes les lumières avant la nuit tombée, car sinon, le dragon, jaloux du feu, serait fort irrité ! Il ne sort chasser qu’à la nuit tombée.

A la nuit tombée, les brigands reviennent, mettent le feu au village, attirant ainsi le dragon qui ravage tout. C’est la panique, les personnages s’enfuient probablement avec Esclarmonde, poursuivie par les brigands (qui tirent une flèche en travers la gorge de Philippe) et le dragon, dévalent la montagne, trouvent refuge dans une caverne, le dragon démolissant l’accès à celle-ci. A un moment pendant la bataille, une flèche manque embrocher Dubinaro, mais au dernier moment Esclarmonde/Claudia – échappant au contrôle de Jérôme – s’écrie : « Jean, attention ! » (alors qu’elle n’est pas supposée connaître le prénom de naissance de Dubinaro). Interrogée, elle répondra qu’elle a parfois des visions et connaissance de certaines choses qu’elle ne devrait pas savoir, elle pense que c’est un message de Dieu… la belle menteuse !

Val Negra

Au bout de la caverne, il y a un réseau de grotte familier à Scintillus : il s’agit en réalité de l’accès à Val Negra. Les personnages émergent de la vallée, et ne pourront s’en échapper qu’avec l’accord des habitants des lieux. Cela fait partie de l’enchantement de la vallée.

Présenter les crânes d’Abaddon, Vancasitum qui pulvérise ce qu’il trouve sur son passage, le jardin des pierres mouvantes, etc., tels que décrits dans le supplément Les Alliances de la 3e édition.

Lumistus de Flambeau, le pater de Scintillus, un vieillard un peu gaga, lui demande où il était et ne veut pas lui faire quitter l’Alliance avant qu’il ait relevé le gant ! En adaptant le scénario, il suffit de faire en sorte que Lumistus prenne l’un des personnages, de préférence un Flambeau, pour un de ses apprentis. D’emblée, Lumistus perce à jour l’illusion de Jérôme et ne voit à la place d’Esclarmonde qu’une « jeune femme » aux longs cheveux blonds. Au besoin, Claudia/Esclarmonde expose qu’elle a eu les cheveux blonds dans sa jeunesse. Claudia/Esclarmonde est tout excitée d’être à Val Negra mais s’efforce de n’en rien laisser paraître.

Le relevé du gant consiste en ceci : il s’agit de récupérer une bague, ornée d’un rubis, dans un coffre gardé par un élémental du feu, au fond d’un puits. Léger détail : Lumistus a oublié que la bague ne s’y trouve plus depuis longtemps, il faudra donc lui expliquer que le coffre était vide ! Il voudra donner une autre épreuve, il faudra argumenter pour refuser.

Avant d’entrer dans le souterrain, Lumistus remet à Scintillus un flambeau : « Fais-en bon usage ! » – c’est-à-dire, en réalité, aucun usage !

Première salle : une obscurité impénétrable, du moins par la magie Ignem. Il s’agit de marcher sur une fine bande de pierre ou de finir éventré sur des stalagmites acérées…

Deuxième salle, immense : il y fait glacial, au point d’y mourir de froid. D’immense stalactites pendent du plafond, mais le moindre réchauffement de l’atmosphère les fait se détacher et tomber sur les personnages. Le sol aussi est très accidenté.

Troisième salle : en contrebas de marches en pierre, un grand espace, avec au centre le coffre et un élémental du feu qui tourne autour. La solution est de l’attirer en faisant diversion (par exemple avec le flambeau ?), car il rêve de consumer tout ce qui passe dans les parages.

Pamiers

Premier jour

Esclarmonde insiste pour que les personnages dorment à même le sol de l’hospice de l’abbaye de Saint-Antonin, comme de simples voyageurs, prétendument parce que ça pourra rapprocher les communautés. En réalité, c’est la meilleure manière d’éviter de trop fréquenter les bons chrétiens qui pourraient la démasquer, mais aussi de s’éclipser à la nuit tombée !

Sur la place de l’église du Mercadal (l’église du marché), on a dressé une estrade. La place est noire de monde, tous les bourgeois sont aux balcons pour assister au débat. Présenter les joueurs à Edmond, le fils du boulanger, qui vend du pain frais sur la place. Présenter aussi les joueurs à l’abbé Alain, Foulques, frère Nicolas, le comte Raimond-Roger de Foix, retrouvailles avec Enguerrand de Laurac, ainsi que présentation du premier consul, Thibault Tanneur.

L’après-midi, premier débat ayant pour thème l’origine du monde9. En caricaturant un peu, cela donne :

  • Thèse cathare :
    • Dieu, qui est parfait, n’a pu créer des êtres capables de faire le mal et partant imparfaits.
    • Le libre arbitre est une impossibilité formelle : Dieu, qui est omniscient, savait que les anges pécheraient, de sorte que ceux-ci ne possédaient en réalité aucun libre arbitre. Si la chute des anges s’est produite, c’est que le mal préexistait.
    • Parce que Dieu est non seulement omniscient mais aussi infiniment bon, n’a pas pu créer les conditions permettant au mal de se manifester. Il n’a donc pas pu créer la matière transitoire et corruptible, tels que les corps de chair qui souffrent, vieillissent et meurent. Il existe donc un autre principe, source de tout mal.
  • Thèse catholique :
    • Dieu est le créateur unique, cause première et principe de tout, « du ciel et de la terre » (Symbole des Apôtres), « des choses visibles et invisibles » (Symbole de Nicée).
    • Le mal a pour cause (i) la chute des anges rebelles et (ii) le péché d’Adam et Eve, c’est-à-dire le mauvais usage de la liberté, Dieu n’y est pour rien.

Le débat oppose un cathare dans la fleur de l’âge – Henri, un bon homme de la région – à un jeune moine, Bruno, trop jeune, dont la voix se casse aisément. Les mauvaises langues disent qu’on lui a donné ce rôle malgré son inexpérience parce qu’il a su s’attirer les faveurs de l’abbé… Il plaide après le cathare, et assez mal. Pendant son discours, soudain une échauffourée éclate dans la foule. Certains crient : « Qu’ils se taisent, ce moinillon, s’il n’a rien à dire ! », d’autres répliquent : « C’est toi qui ferait mieux de te taire, sale hérétique, la moindre de tes paroles est une insulte à la face du Seigneur ! », et très vite le tout dégénère en une émeute… trop vite en fait, ce n’est pas naturel. L’estrade manque d’être renversée, Bruno est pris à partie et ne parvient pas à ramener le calme, les débats doivent être interrompus, il y a des blessés, etc. Pendant tout ce temps, Esclarmonde a les yeux vitreux, il y a presque de la bave qui dégouline le long de son menton : c’est que Jérôme a attisé la haine de la foule et ne parvient pas pendant ce temps à maintenir entièrement le contrôle. Frère Nicolas s’en aperçoit et viendra en accuser les PJ de sorcellerie et autres sornettes (mais au moins il n’a pas tout à fait tort !).

Pendant la nuit, les personnages se réveillent et trouvent la couche d’Esclarmonde vide. Ils la retrouvent à la sortie de l’hospice, prétendument atteinte d’une insomnie. En réalité, elle est partie ensorceler un serviteur de l’abbaye en prévision de la deuxième journée de débats.

Deuxième jour

Débat de l’évêque de Toulouse Foulques contre Guilhabert de Castres, fils majeur de l’évêque cathare, ayant pour thème l’incarnation du Christ10 :

  • Foulques commence par revenir sur le débat de la veille. Henri nous a dit que Dieu était parfait, omniscient et d’une infinie bonté, et que ces trois caractéristiques font qu’il n’a pas pu créer le monde visible ni même autorisé sa création. Mais :
    • Le mauvais principe a-t-il créé le monde visible à l’insu de Dieu ? En ce cas, il n’est pas omniscient !
    • Si Dieu savait, pouvait-il l’empêcher ? Si non, il n’est pas parfait !
    • Et si Dieu savait et ne l’a pas empêché, il n’est pas infiniment bon !
    • Voilà les conséquences terribles auxquelles aboutissent la reconnaissance d’un autre Dieu, d’un principe égal à celui de Dieu ! En réalité, Dieu nous a offert la liberté de faire le bien et le mal, et malgré le péché originel, Jésus est mort sur la croix pour racheter nos péchés, etc.
  • Guilhabert réplique :
    • Jésus est-il mort sur la croix ? Mais pour cela, il eût fallu que Jésus fût homme. Or, comment Dieu, qui est perfection, pourrait-il s’enfermer dans un corps de chair, et connaître les besoins et les turpitudes d’un mortel ?
    • Non, si le Christ se fit homme, ce ne fut qu’en apparence, cfr les Evangiles « il n’est pas de ce monde », Jésus marchant sur l’eau : « En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent effrayés et dires que c’était un fantôme », etc.
    • Dès lors, s’il a souffert, s’il est mort sur la croix, ce n’est, à nouveau, qu’une apparence. Il n’y a pas eu de Passion rédemptrice, le Christ est uniquement venu apporter un message : libérez vos âmes de vos prisons de chair.
    • L’eucharistie est un faux sacrement : le pain et le vin de la cène ne sont qu’une allégorie. Dieu ne peut s’incarner dans une parcelle de matière, vouée à la pourriture comme tout ce qui est de ce bas monde et qui risque au demeurant d’être mangée par les souris ! Le seul véritable sacrement, c’est le consolament, le baptême du feu et de l’Esprit, donné par l’apposition des mains.

Pendant ce temps, le serviteur contrôlé par Jérôme s’est rendu au sommet du clocher de l’église du Mercadal, se jette dans le vide, et atterrira droit sur la tête de l’abbé Alain si les personnages n’interviennent pas.

Pendant la seconde nuit, Esclarmonde a disparu (éventuellement plus tôt si les PJ tentent de la démasquer). Panique au réveil : Bruno a été assassiné dans son sommeil à l’abbaye, dans la salle capitulaire, et c’est pas du joli : du sang partout, les entrailles répandues sur le sol, traçant une rune maléfique, des croix inversées peintes dans son sang sur les murs… C’est Esclarmonde qui s’est échappée pendant la nuit pour commettre le méfait, dans le but d’attiser encore la haine des catholiques et jeter le discrédit sur les cathares. Mais si ce sont les PJ qui découvrent le sacrilège, ne va-t-on pas les accuser de l’avoir commis ?

Troisième jour

Esclarmonde étant hors service, Enguerrand se tourne vers les PJ pour prendre la place de l’oratrice au pied levé, car après tout, on ne trouve pas un spécialiste en hérésie comme cela ! Opposés à Frère Nicolas. Débat ayant pour thème, la vie dans le siècle11. :

  • Frères Nicolas expose que la Terre se doit d’être le miroir du ciel : là-haut, Dieu avec à son service tous les anges, ici bas, le pape, vicaire du Christ sur terre, auquel tous doivent obéissance. Ainsi, la société est divisée en trois ordres : ceux qui prient, ceux qui combattent et ceux qui travaillent, et cette division est bonne parce qu’elle correspond au décret divin.
  • Les cathares, en prétendant que ceux qui prient doivent travailler de leurs mains, viennent rompre cette divine harmonie et introduisent le chaos dans la société. Non seulement les cathares travaillent, mais en outre, il s’enrichissent et dorment sur des montagnes d’or !
  • Que vont répondre les PJ ?

Pendant le débat, les PJ aperçoivent dans la foule un individu tentant de se frayer un chemin en direction de Guilhabert, un couteau à la main. Sur sa nuque, le fameux pentacle d’asservissement. S’ils l’arrêtent, les PJ le reconnaissent pour qui il est : Edmond, le fils du boulanger. Tiens, justement, à tous les balcons une foule se presse pour regarder le débat, sauf au balcon du boulanger. Et dans l’ombre…

A l’étage de la maison du boulanger, le père d’Edmond se tient, un pentacle sur la nuque, un arc à la main, prêt à abattre l’abbé Alain (trop modéré…). Au moment où les PJ veulent s’interposer surgit Esclarmonde, qui se défend bec et ongles, et n’hésite pas déclencher un incendie qui se propage rapidement.

En fonction des événements et de la manière dont les PJ se débrouillent, au mieux le jury refuse de trancher, ou pire, on condamne sans appel les cathares et autres hérétiques.


Rafaël Jafferali

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